Pradeau Laure -



Quel rapport entretenons-nous avec les espaces, les choses, les évènements, les matières et comment ceux-ci interagissent-ils avec notre conscience?

Ce qui m’ importe, c’est d’ interroger les mécanismes de la pensée, trouver une correspondance entre le monde réel et ma propre condition en passant par la vision.
A travers la marche, l’ exploration, j’ exprime une rencontre entre la conscience éveillée et l’ imagination.
La marche, parcours physique et mental, appelle la métamorphose.

La lumière et le bruit sont souvent présents dans mon travail.
Deux phénomènes vibratoires qui dirigent ou brouillent les repères.
Mes «Déambulations nocturnes» sont nourries par une perception visuelle plus nette des objets lorsque le silence permet d’être plus à l’affût du bruit.
Parmi les «Plongées paysagères», les «Paysages bruyants» que je photographie donnent souvent une matérialisation plus forte de l’air ambiant autour du paysage.
J’utilise alors une pellicule très sensible à la lumière et la surexposition, qui intensifient le grain de l’image.
Cette texture granuleuse et transparente résonne avec le brouillage de ma propre perception.

Lumière et Son portent en eux le mouvement. Tous deux ont un corps, une texture, une densité.
Je les utilise aussi pour donner corps à l’évanouissement et à la rémanence des images.
Traduisant l’idée de la remémoration et des effets de la mémoire sur la perception.

Je pratique la photographie argentique.
C’ est le reflet pour moi, de l’ imprégnation chimique qui s’ opère entre le réel (la lumière) et le corps (l’œil) et de la mise en mémoire de l’image,
latente, attendant que la raison la développe, la révèle sous cette forme d’ écriture qu’ est l’ image.

 


 

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